Ce dimanche 12 avril 2009 avait lieu le mythique trail des citadelles.
Effectivement, on peut parler d'un mythe qui devient réalité: 2 triathlètes du TUC-TRI31 ont courus 73KM vallonée (D+3600m) dans la boue, la pluie, la neige et le froid. Le
parcours était magnifique et bien balisé à part un embranchement avant de monter à Roquefixade, certains coureurs auront fait des kilomètres en plus.
Résultats:(177 classés, environ 350 coureurs au départ )
1er - Bruni Patrick - Team Brooks - 08:22:54 - 8,71KM/H
2nd - Foissac Olivier - U.S. Carmaux - 08:48:12 - 8,29KM/H
3ème - Quellet Fabrice - Team Brooks - 09:09:34 - 7,97KM/H
28ème - Rouquié Sébastien - AGF Aventure - 10:34:31 - 6,90KM/H
31ème - Garbacz Davy - TUC-TRI31 - 10:36:32 - 6,88KM/H
121ème - Marquez Laurent - TUC-TRI31 - 12:21:29 - 5,91KM/H
Le récit de Laurent:
Il est 6h00, le départ est donné, il fait nuit et nous arpentons la première montée. La lueur des frontales qui se succèdent dans la nuit noire, trace un chemin éclairé dans la forêt. Le
temps est froid et humide, je me demande sans arrêt, si je ne suis pas trop couvert: 3 couches respirantes, plus un coupe-vent de montagne, un bonnet vissé sur la tête, serré par la frontale,
lunette claire et capuche. Après 10KM, mon souffle condensé par la capuche produit de la buée sur mes lunettes, je décide de virer la capuche, tant pis pour la pluie. Mes pas se succèdent en
essayant d'éviter les flaques. Parti dans un gros paquet du milieu, je décide de me placer, pour éviter d'être ralenti dans les chemins laissant peu de places pour doubler. La montée sera rude mais
je suis confiant pour la suite, à ce moment Seb et Davy sont derrières. Après une descente relativement rapide, je me retrouve avec Seb, qui me demande pourquoi, je cours aussi vite, je lui
réponds que ça va. Nous arrivons à Belesta, au 17ème KM, nous rentrons dans un endroit chauffé, c'est merveilleux, après les barres sucrés, je prends une soupe chaude salée, un régal, nous
repartons ensemble, on s'attends mutuellement, pour attaquer la deuxième grosse côte, toujours en bonne forme, nous progressons, cependant, nous ne courrons pas dans la montée, nous essayons de
maintenir une marche rapide et cadencée, en s'appuyant sur nos batons, les avant-bras travaillent aussi. Le groupe avec lequel nous progressons est homogène. La neige tombe maintenant, on commence
à voir une fine pellicule sur le sol. Je me décide à retirer mes lunettes et la frontale. Je ne fais plus attention, à la boue. J'y vais même franchement dedans, et ce n'est que le début. Nous
arrivons au sommet de la deuxième grosse montée et nous entamons la descente. Sans aucune retenue, nous dévallons les sentiers boueux sans aucune retenue, nous cherchons des appuis toniques à la
limite du dérapage, avec quelques chocs sur les cailloux recouverts de boue. Seb n'a clairement pas peur en descente, je le suis, les jambes sont là, je surenchéri même, celà s'apparente à du
free-ride, il y a même une notion de glisse avec les appuis fuyants dans la boue. Au 30ème, il reste environ 3KM, de faux-plat montant pour arriver au ravitaillement de Fougax.
Les jambes commençent à être lourde. Seb, expert des citadelles, me dit que ce n'est que l'entrée, je lui réponds que ce plat est interminable, en pensant au hors-d'oeuvre.
Nous arrivons au deuxième ravitaillement, et là idem, soupe salée (que du bonheur), je décide de changer mon coupe-vent trempé, par un plus léger mais sec, je change aussi mon bonnet. Seb et moi
rechargeons nos camel-baks. Nous sommes dans les 20 premiers à ce moment là. Les recharges effectuées, nous repartons. Le froid se fait sentir et dès le début de la montée, mes jambes sont de plus
en plus lourdes, je dirais à Seb de continuer sans moi, je commence à payer ce départ sur les chapeaux de roues, et mon manque de volume en course à pied. Un grand coup de moins bien, la barre
classique du 33ème, pour les marathoniens, je continue malgrès tout, Davy me reprendra une vingtaine de minutes plus tard, il me demande de prendre le train en marche, je lui réponds que je n'en
ferais rien, c'est un long moment de solitude. Je pense alors que je suis en train de faire une hypoglycémie, je m'alimente donc régulièrement, nous sommes alors dans la montée qui mène à
Montségur, je retouve des jambes dans la fin de la montée, je croise alors Seb qui lui en redescend du chateau, je l'encourage, je suis bien à nouveau, puis après quelques marches, c'est Davy
que je croise, c'est bon de pouvoir plaisanter, en courant. Cette montée est assez casse-patte avec des grosses marches mouillées, nous croisons quelques concurrents du parcours 40KM. Dans la
montée, je croise un concurrent qui fait une vrai hypoglycémie, je lui demande s'il veut à manger, il me réponds que non, que c'est bon, celà me rapelle qu'il faut s'alimenter et boire
régulièrement. Enfin, ça y est je suis en haut du chateau, on rentre dedans, et on en fait le tour, le vent frais souffle, mon coupe-vent fin est limite, je me rends compte que Seb a au moins 20
minutes d'avance, la descente se passe bien, malgrès les marches, les touristes, si, si, il pleut, il fait froid mais des gens visitent le chateau de Montségur, culture quand tu nous tiens!
Encore une petite montée et en avant la descente, mes jambes sont moins toniques, et mon esprit moins lucide, je chuterais à deux reprises, mon avant-bras me fait mal, je le sens en
prenant appui sur les batons, mais rien de grave. Je commence à me dire que je terminerai au mental. Arrivée au ravitaillement de Montferrier, 48ème kilomètre, je suis trempé, je m'asseois en
buvant la soupe salée, et je me dis que les choses simples sont parfois les meilleures. Je repars et très vite, je commence à me faire à l'idée que je suis complètement cuit. Je marche coûte que
coûte, je suis incappable de courir, la montée à Roquefixade est longue et pénible, je paye mon manque de fonds et l'emballement du début. Peu importe, c'est l'aspect mental qui m'intéresse dans
ces moments, c'est trop facile d'abandonner. En haut de Roquefixade, je recommence à nouveau à trottiner, la vue est magnifique, mais le vent me gèle les pouces, je suis à la limite de l'onglet.
Fouetté par le vent, je pense qu'une hypothermie est possible, je décide donc de m'activer afin de redescendre au plus vite à l'abri du vent. A ce moment, je m'inquiète de la barrière
horaire, mais c'est bon, l'excès du début à quand même du bon! J'apprends que je suis à la 70ème place au dernier ravitaillement, les autres concurrents sont dans un état similaire, c'est à
dire fatigué, trempé et plus ou moins lucides. Dernière portion, mais pas des moindres, il reste 20KM et deux grosses montées. Je tente de courir dans un véritable bourbier, et dire qu'y en a qui
paye pour faire des bains de boue! Les villageois nous encouragent! C'est bon pour le moral. J'attaque l'avant-dernière montée en pensant que c'est la dernière! Il reste alors 8KM, une longue route
goudronnée en épingle descend à un croisement, les bénévoles m'indiquent tout droit, j'aperçois à ce moment, un énorme rampailloux, je réalise que Lavelanet, c'est de l'autre côté, je me dit que ce
n'est pas possible! Et si, il faut basculer de l'autre côté, en haut, un bénévole a allumé un feu, il est vraiment joyeux, je me dit qu'il a du courage de rester tout seul en haut de la falaise qui
surplombe Lavelanet. Courage, il reste 3 KM! Je commence à penser à la descente tant redouter de l'arrivée des citadelles, après quelques chemins caillouteux, j'entends la voix du
commentateur, Michel Hortola, et enfin, la descente mythique, ça ressemble à la face de Belvarde à Val d'Isère mais avec de la boue, impossible de la faire debout, donc l'arrivée se fera sur les
fesses, avec passage de l'arche en un peu plus de 12 heures et 21 minutes.
"C'est un truc de fou!", je dirais en arrivant.
Des reportages réalisés par Ariège News:
http://www.ariegenews.com/news/news-416-8369.html
La musique au départ du trail des citadelles:
http://www.myspace.com/yvan11
Plus d'informations sur:
http://www.trail-citadelles.com